Situation de départ Les enfants de la rue, exploités, abusés, sont de véritables parias de la société,
ils sont considérés comme des nuisibles. Dans chaque pays il existe un nom spécifique pour les qualifier. Ce nom est chargé de tout le mépris que la population leur porte. Ils subviennent à leurs besoins en effectuant des petits travaux : portage de bagages, vente de sachets plastiques, de mouchoirs en papier, cirage de chaussures, … Ils dorment dans les étals de marchés ou dans des maisons en construction. Il arrive aussi qu’ils commettent de petits vols ; la prison constitue alors le terminus de ce parcours d’errance. Certains adultes n’ont pas de scrupules
à les exploiter ou à les instrumentaliser. L’exemple le plus criant à été vécu à Mbuji Mayi au Congo en 2003 ou des politiciens se sont servi des « Shégués » (ainsi dénomés en R. D. Congo) pour semer la terreur. La population s’est alors révoltée contre eux et a organisé un véritable lynchage de tous les enfants de la rue qui lui tombaient sous la main.
Bon nombre d’enfants de la rue sont originaires de familles recomposées où ils ne se sentaient plus à l’aise, rejetés par leur marâtre ; d’autres, devant aider leurs parents très pauvres à assurer les ressources de la famille, ont passé de plus en plus de temps dans la rue avec d’autres enfants. Un jour ils franchissent le pas et ne rentrent plus à la maison. D’autres encore, sont des réfugiés ou des déplacés de guerre qui ont perdu leurs parents… Les filles bien que minoritaires sont également concernées. Elles font l’objet « d’une protection » des plus grands ou de policiers moyennant faveurs spéciales. D’autres adultes n’hésitent pas non plus à abuser d’elles.
Les principaux résultats
- Plus de 18 000 enfants bénéficiaires des projets en Côte d’Ivoire et en R. D. Congo
- Organisation de sorties de jour et de nuit pour rencontrer et accompagner ces enfants
- Soins de santé primaire dispensés en ambulatoire
- Création de 5 centres d’accueil d’une capacité d’accueil de 20 à 50 places (2 en Côte d’Ivoire, 3 en R. D. Congo)
- Sensibilisation de masse à travers des émissions radios ou télé régulières
- Développement de « l’Ecole des Parents » à travers des émissions radios sur des thèmes d’éducation des enfants
- Réhabilitation de ces enfants, appui psycho-social, appui à la formation professionnelle, réinsertion socioprofessionnelle ou scolaire
- Près de 2 500 enfants réinsérés durablement en famille
Histoire de vie
Jean Marc raconte:
« Je m’appelle Jean Marc. J’ai 9 ans. J’étais au village avec ma grand mère et ma
maman. Quand on devait me mettre à l’école, ma maman a dit qu’elle n’a pas l’argent. À cause de ça, elle m’a pris et m’a envoyé chez mon papa à Abidjan. Quand je suis venu, au lieu de me mettre à l’école, il m’a laissé comme ça. Chaque jour, quand il donne l’argent pour préparer les repas sa femme bloque ça. Elle ne prépare pas et puis quand je pleure, elle me frappe. Et puis un jour elle m’a blessé avec un couteau. Elle a lancé ça sur moi et ça a blessé mon pied. J’ai fui et je suis allé dehors. J’ai dormi dehors au marché jusqu’au jour où un grand m’a vu et m’a pris pour venir au Sauvetage (centre d’accueil du BICE au Plateau en centre ville). »