Enfants avec un handicap

Abidjan, Côte d'Ivoire

Situation de départ
Les croyances traditionnelles rendent suspect aux yeux du groupe l’enfant né différent des autres. C’est ainsi que le handicap de l’enfant fait l’objet d’une interprétation magico-religieuse.

> un mauvais sort peut lui avoir été jeté,
> un poison ou un « médicament » a été posé ou enterré sur son chemin,
> un « sorcier, diable » de la famille a gâté la personne,
> un totem n’a pas été respecté pendant la grossesse de la maman,
> c’est un héritage apporté de l’au-delà,
> c’est Dieu qui l’a rendu ainsi,
> ce sont les piqûres qui ont gâté ses membres.

L’ordre ancestral a prévu un rite d’accompagnement pour supprimer cet enfant. S’il ne meurt pas, il est à la charge de ceux qui ne peuvent pas se dérober : les parents, mais surtout la mère. Il arrive que celle-ci soit chassée avec son enfant et doive en assumer seule la charge. Ces pratiques et croyances très prégnantes au début de l’action du BICE, s’atténuent peu à peu. L’information fait place à une meilleure connaissance et compréhension des causes du handicap. En début de projet, les femmes seules, abandonnées à cause de leur enfants étaient majoritaires. Peu à peu, les pères ont pris conscience et s’acquittent également de leurs responsabilités.

Le projet est développé dans un quartier pauvre de la périphérie d’Abidjan. Les enfants avec handicap y sont nombreux ; à cela plusieurs causes :

> les femmes abandonnées ou chassées y trouvent refuge,
> les mauvaises conditions d’hygiène, la pauvreté, la malnutrition, l’absence de couverture médicale et vaccinale rendent la population de ce quartier beaucoup plus vulnérable aux atteintes de la polio et de la méningite. Des pieds bots ou des petits traumatismes non soignés laissent des séquelles gravement invalidantes.

A ces pathologies les plus fréquentes, se rajoutent des étiologies diverses de handicaps : malformations congénitales, atteintes neuro-musculaires périnatales, déficiences sensorielles, maladies diverses.
 
Les principaux résultats
  • Ouverture d’un centre de réhabilitation à assise communautaire, le CESEH (Centre d’Education et de Stimulation des Enfants Handicapés) recevant les enfants atteints d’une déficience physique ou mentale
  • Organisation du dépistage précoce des enfants dans les centres de santé
  • Soins appropriés et rééducation fonctionnelle apportés aux enfants, 80 enfants suivis par an
  • Accueil de 45 enfants en éveil précoce chaque année et ouverture du centre aux enfants du quartier les mercredis et samedis pour favoriser l’intégration des enfants avec handicap
  • Sensibilisation de la société civile, des écoles et des masses au phénomène à travers des émissions radios et des manifestations au centre et dans les quartiers
  • Appui à la scolarisation et à la formation professionnelle des enfants handicapés
  • Ouverture d’un atelier de couture aux jeunes filles handicapées
  • Création d’une association de parents d’enfants handicapés, participant à la gestion du centre, notamment la restauration et le transport des enfants, groupes de paroles, organisation de manifestations
  • Activités génératrices de revenus proposées aux mères afin qu’elles puissent prendre en charge leurs enfants dans de meilleures conditions
  • Organisation de séjours de vacances impliquant des enfants avec et sans handicap afin de favoriser une meilleure connaissance réciproque, l’entraide et l’intégration
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      Histoire de vie
      Siama raconte : elle est mère de 7 enfants dont une fille handicapée
      «Je me nomme Siama, je suis veuve avec mes 7 enfants. L’une d’entre eux a eu la poliomyélite à l’âge de 2 ans, ses jambes sont atrophiées.
      En 1996, le BICE a vu que ma fille se déplaçait sur ses mains et a voulu lui venir en aide. Elle a donc été envoyée à Rach Gagnoa pour son premier appareillage. Grâce au BICE, ma fille, aujourd’hui, est très belle, marche comme tous les autres enfants, à l’aide de ses cannes anglaises et depuis, chaque année, le BICE change ses orthèses quand elles deviennent trop petites.

      Ce n’est pas tout, en 1997, pendant que j’avais des difficultés pour vendre ma banane plantin au marché, le BICE m’a prêté une somme de 50.000 FCFA (76 a) pour soutenir mon commerce. J’ai pu rembourser le prêt et j’ai continué mon commerce grâce auquel je peux nourrir mes enfants.
      Aujourd’hui je vends du maïs. Cette année encore le BICE m’a prêté une somme de 75.000 FCFA (114 a)que j’ai fini d’ailleurs de rembourser, j’ai même fait une épargne qui m’a été remise devant des personnalités le jour de l’ouverture officielle du CESEH, je me suis sentie valorisée, je rends grâce au BICE. »


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Bice, Schillerstrasse 16, D-77933 Lahr – Allemagne
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